Vagabonde Crush : Christina Moro

Deux fois par mois, Vagabonde présente un coup de coeur pour une femme qui s’illustre par ce qu’elle fait. Aujourd’hui, nous vous présentons Christina Moro, une future étudiante à la maîtrise en génie à l’Université de Toronto.

Christina est une véritable inspiration. Elle évolue dans un milieu habituellement associé aux hommes, elle participe à des projets qui veulent changer le monde, elle est une entrepreneur née et, surtout, elle est franchement amusante ! Petit portrait d’une fille qui changera le monde du génie, mais surtout des nouvelles technologies!

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Décris-toi un peu.

On me dit que je suis une personne motivée qui cherche toujours le challenge et à m’embarquer dans des nouveaux projets. Je viens tout juste de terminer mon baccalauréat en génie mécanique à McGill. Pendant les quatre dernières années, j’ai travaillé beaucoup en recherche, que ce soit des technologies biomédicales, l’impression 3D, ou l’énergie solaire. Maintenant, je me lance dans l’entreprenariat. J’ai aussi un petit frère de 11 ans – c’est une énorme différence d’âge, mais je l’adore ! Il a tellement d’énergie de créativité. J’essaie de l’encourager et d’être une grande sœur « modèle » pour lui.

Que fais-tu dans la vie?

En ce moment, je suis à la recherche de nouvelles opportunités, mais je prends ça assez relax pour l’instant. Je suis ingénieure avant tout, et maintenant j’essaie de me lancer en entreprenariat. C’est vraiment ma place, je crois. Mais j’ai beaucoup à apprendre d’ici là. Sinon, je suis photographe dans mes temps libres !

Explique nous un peu ta maîtrise…

Ma maîtrise se fera à l’Université de Toronto avec le nouveau groupe AGE-WELL, débutant en janvier. Alors que la population continue à vieillir, le gouvernement canadien manque de ressources pour prendre soin des personnes âgées, spécifiquement ceux qui souffrent de troubles et de maladies comme l’Alzheimer. Ils ont créés ce programme pour développer des technologies qui aident les aînés à rester indépendants plus longtemps, maintenir leur dignité, et minimiser les efforts requis par ceux qui les aident au quotidien. En ce qui concerne mon projet, je travaillerai sur le développement d’un système à la maison, muni d’un programme d’intelligence artificielle et d’un robot mobile, qui donne des commandes à la personne âgée lorsqu’elle fait des erreurs dans des tâches simples. Par exemple, si la personne se prépare un thé et qu’elle oublie de fermer la bouilloire, le robot lui dira. Il apprend à connaître les difficultés de la personne, et peut la guider avec des images ou vidéos lorsque c’est nécessaire.

Pourquoi as-tu décidé d’aller en génie?

Pour être très honnête, je ne pensais pas aller en génie au début. Je l’ai mis comme option dans mon application, sans y penser plus que ça. Quand les offres sont arrivées, je ne savais pas quoi choisir. Par contre, je me suis souvenu de mon expérience dans mon équipe secondaire de robotique. À l’âge de 15 ans, je n’avais jamais cru pouvoir construire un robot – moi, une petite fille qui n’avait jamais touché à un marteau – et pourtant, notre équipe a gagné le premier prix à la compétition CRC Robotique. Notre mentor, aussi notre professeur, était exceptionnel et nous a toujours poussé à avoir confiance en nous. Je n’étais pas bonne en mathématiques ni en physiques à l’école, mais j’étais fière de ce que j’avais accompli avec mon équipe, et je voulais construire et développer des technologies qui pourront aider les autres. Le génie permet justement de faire ça.

Christina Moro

Tu fais partie de la promotion 2014 de The Next 36 [NDLR : The Next 36 est une compétition qui regroupe les 36 futurs espoirs en entreprenariat technologique au Canada], peux-tu nous expliquer un peu ce que c’est et pourquoi tu t’es inscrit là dedans?

Le Next 36 est un programme d’entreprenariat basé à Toronto. Ils choisissent 36 jeunes canadiens pour participer dans leur programme de 8 mois, ou on doit initier et développer une startup, tout en ayant accès à des entrepreneurs et professeurs exceptionnels. Par exemple, on nous donne des cours sur le crowdfunding, sur les relations internationales, sur la finance pour les startups et plus encore. Le tout est donné par des professeurs qui viennent de Harvard, du MIT, de l’Université de Toronto, etc.

Comme mentionné, j’ai toujours travaillé beaucoup dans la recherche. L’année passée, je suis allée en Suisse pour  faire de la recherche et j’ai eu la chance de travailler avec des étudiants venant des universités américaines de Berkeley, Carnegie Mellon, etc. La différence avec ces jeunes-là, c’est qu’ils veulent appliquer la technologie qu’ils développent dans les startups. J’ai vite réalisé que ce serait la meilleure façon d’aider les gens autour de moi – en me lançant dans l’entreprenariat. Je veux chercher des solutions à nos plus grands problèmes, et avoir un réel impact sur notre monde. C’est pourquoi j’ai choisi d’appliquer au programme Next 36. C’était la meilleure décision que j’ai prise jusqu’à date.

Qu’est ce qui te passionne dans ton domaine?

C’est la possibilité d’avoir un gros impact et de développer des solutions pour nos plus grands problèmes. Je pense notamment au problème d’une population vieillissante, les problèmes d’eau, le manque de nourriture/terre agricole, notre sécurité personnelle, etc. C’est d’être entourée de gens qui cherchent eux aussi à avoir un impact, et qui contribuent à créer une communauté de leaders.

Quel est ton prochain grand projet autre que ta maîtrise?

En ce moment, je me pars une petite compagnie de photographie – qui sait ce que ça pourrait devenir plus tard ! Et puis, j’aimerais développer une startup après ma maîtrise, dans ce même domaine de personnes âgées. C’est un problème énorme – il faut faire de quoi !

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En tant que fille qui travaille dans la tech, trouves-tu que c’est difficile de faire sa marque dans un milieu masculin?

Oui et non. Oui, dans le sens qu’on a toujours ce sentiment de devoir « prouver » qu’on est tout aussi compétentes que les hommes dans ce même domaine. C’est encore difficile de recevoir la même crédibilité objective en ce qui concerne notre travail et nos habilités. Mais d’un autre côté, on vit dans une époque beaucoup plus ouverte à la diversité. Il y a tellement de ressources mises à la disposition des femmes en tech, c’est à nous de les chercher et d’avoir confiance en nous!

Cela dit, j’aimerais aborder un point concernant le terme « fille en tech ». Alors que toutes les femmes dans ce domaine font face à des challenges, c’est important de comprendre que ces challenges varient d’une personne à l’autre, et ce n’est pas assez d’avoir une solution « one size fits all », surtout quand on parle des femmes issues de minorités ethniques. Ces femmes font face à des défis spécifiques à leur apparence. C’est pourquoi j’aimerais qu’on parle plutôt de diversité et qu’on cherche à développer un mouvement plus inclusif pour tout type de minorité. Un mouvement qui considère aussi les minorités non-visibles, que ce soit en lien avec la religion, l’orientation sexuelle, l’estime de soi, etc. Il est extrêmement important que toute personne, peu importe son apparence, ses croyances, ou autre, sent qu’elle a sa place dans le milieu de la tech, et qu’on cherche à développer des ressources pour toutes ces personnes, et non seulement un groupe en général. Je te réfère notamment à un article sur Medium qui me tient beaucoup à cœur : Consultez l’article sur Medium

Quelles sont tes passions dans la vie? Que fais-tu de tes temps libres?

J’adore voyager et faire de la photographie. Justement, je viens de mettre mon portfolio en ligne (www.christina-moro.com). J’aime bien lire aussi – on apprend énormément en lisant les biographies d’entrepreneurs, par exemple. J’arrive à lire un livre presque à chaque semaine !

As-tu un conseil à donner aux filles qui veulent comme toi travailler en tech?

J’en ai deux.

  • Posez-vous toujours cette question : Quelle est la chose la plus difficile que je pourrais faire en ce moment ? Et faites-la. N’ayez pas peur du challenge. Si vous avez envie d’être dans ce milieu, alors lancez-vous à fond.
  • Notre environnement et les gens qui nous entourent sont tellement importants à notre succès ! Mais il faut faire un effort pour toujours s’entourer de gens exceptionnels dans le domaine qui vous intéresse. De gens qui sauront te guider, te donner des conseils, et te référer à d’autres qui peuvent contribuer à un network. Ils sauront aussi maintenir ta motivation. Si ton but est de devenir une entrepreneure, par exemple, alors c’est super important de s’entourer d’entrepreneurs et travailler dans leur environnement (exemple espace de co-working)! Mais personne va t’envoyer une invitation – c’est à toi de chercher.

 

Pour retrouver Christina sur le web et la suivre c’est par ici :
Facebook : facebook.com/christinamorophotography
Web : christina-moro.com

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